Retour au blog Monitoring - 8 min

Status page pour une PME : à quoi elle sert vraiment

Une status page dit si le service répond, sur un hébergement qui ne tombe pas avec le site. Pour une PME : composants, incident, historique.

Une status page est l’endroit où un client regarde si votre service répond, sans vous appeler. Elle n’accélère pas la réparation. Elle évite que chaque personne ouvre un ticket « le site est-il en panne ? » et que vous répondiez dix fois la même chose. Pour une PME, c’est souvent une page avec trois lignes et un message daté, pas un centre de supervision.

Ce qu’elle doit permettre

Le visiteur répond à trois questions en quelques secondes :

  1. Le service que j’utilise est-il en panne, dégradé, ou normal ?
  2. Depuis quand, et quel est le prochain point ?
  3. Qu’est-ce qui fonctionne encore (le téléphone, la prise de commande autrement) ?

S’il ne trouve pas cette page, ou si la page est en panne elle aussi, il appelle. Le gain se mesure au calme du standard pendant l’incident, pas à un score.

Elle ne remplace pas le message sur le site quand le site répond. Elle le remplace quand le site ne répond pas. D’où l’hébergement séparé : autre fournisseur, page statique, ou produit dédié. Un sous-dossier exemple.fr/statut meurt avec exemple.fr. Un nom du type statut.exemple.fr meurt aussi si le DNS ou le certificat de exemple.fr est la cause de la panne. Le plus solide est un hébergement et un nom qui ne dépendent pas du même compte. À défaut, une page chez le produit de status page, dont l’adresse est dans la signature d’e-mail et sur le devis, pas seulement dans le pied de page du site tombé.

Le minimum pour une PME

Deux ou trois composants, pas vingt :

ComposantÉtat possible
Site publicOpérationnel, dégradé, panne
Formulaire ou e-mailOpérationnel ou panne
Paiement, si vous encaissezOpérationnel, dégradé, panne

Les mots restent stables. « Dégradé » veut dire : on entre, mais une fonction manque (recherche, paiement). « Panne » : on n’entre pas, ou on ne peut pas finir.

Pendant l’incident, un message court, horodaté :

  • ce qui est constaté (« le site ne répond pas depuis 8 h 10 ») ;
  • ce qui marche (« les commandes par téléphone ») ;
  • la prochaine mise à jour (« nouveau point à 9 h »), tenue même si vous n’avez rien de neuf à dire.

On ne publie pas une cause devinée (« on pense que c’est l’hébergeur ») qui s’avère fausse une heure après. On corrige le message quand la cause est sûre. Pas de nom de client, pas d’extrait de commande.

La façon de parler à un client nommé, au téléphone ou par e-mail, reste dans communiquer pendant une panne. La status page est le message public, le même pour tout le monde.

La mettre en place en une fois

  1. Choisissez l’hébergement qui survivra à une panne du site. Créez la page avec les composants en « opérationnel » avant d’en avoir besoin.
  2. Écrivez qui a le droit de la modifier, et le suppléant. Un mot de passe dans la tête d’une seule personne annule la page le jour où cette personne est injoignable.
  3. Mettez le lien dans la signature, le devis, l’e-mail transactionnel, pas seulement sur le site.
  4. Décidez le lien avec la technique : soit quelqu’un colle le message à la main (suffisant si les incidents sont rares), soit l’outil de status page reçoit un signal. Une page 503 de maintenance, elle, s’affiche sur le site quand il peut encore servir cette page : erreur 503. Ce n’est pas la même URL.
  5. Après l’incident, une ligne d’historique : début, fin, ce que les visiteurs ont subi. Cinq lignes valent mieux qu’un post-mortem de quatre pages que personne ne tient à jour.

Testez un jour calme : la personne suppléante publie « test » puis le retire. Si elle ne trouve pas l’identifiant, vous n’avez pas de status page, vous avez un projet.

La page ne détecte pas la panne. La détection vient d’une sonde ou d’un client. La première heure d’action est dans réagir à un incident. La status page est la phrase que vous publiez pendant cette heure, à un endroit qui répond encore.

Questions fréquentes

Pourquoi la status page ne doit-elle pas être sur le même serveur que le site ?

Parce qu’elle sert quand le site est en panne. Une page « statut » dans le CMS disparaît avec lui. Il la faut sur un autre hébergement, un autre DNS, ou un service de status page.

Faut-il un outil dédié dès le premier jour ?

Non. Une page statique sur un autre compte, mise à jour à la main pendant l’incident, suffit pour une vitrine. Un outil (Instatus, Cachet, Better Stack, ou l’équivalent) devient utile quand vous voulez des abonnés e-mail et un historique.

Que doit dire le message pendant la panne ?

Ce qui ne marche pas, ce qui marche encore, et à quelle heure vous redonnerez des nouvelles. Pas la cause supposée si vous ne l’avez pas confirmée, et pas de données client.

Surveiller mes URL